Hubert Zoldate

Hubert Zoldate

Hubert est seul, assis au fond de la récréation. Il regarde les autres enfants rire et jouer ensemble. Il se sent seul, et maudit la terre entière de ne pas être né comme les autres… « J’aurai voulu être grand et blond », pense t-il.

Soudain, un ballon de football tombe à côté de lui. Ses camarades lui crient dessus en cœur : « Renvoie-nous le ballon, petit nain!!! ». Des petites filles, qui regardent la scène depuis leur marelle, rient aux éclats. Il se lève, la larme à l’œil, et tente de renvoyer le ballon qui est quasiment plus grand que lui. Il frappe de toutes ses forces, mais le ballon peine à faire trois mètres. La cour entière rie à présent, cruauté naïve de l’enfance. Hubert, humilié, lance un « Vous verrez un jour, je vous écraserai tous comme des mouches !!! ». Les enfants rient de plus belle. Un groupe d’enfants qui jouaient au football s’approche de lui, l’air énervé, prêts à en découdre…

Il se réveille à l’hôpital, en sang, et aperçoit sa mère qui le regarde. « Tu sais, Hubert, tu ne peux pas t’énerver à chaque fois que tes camarades se fichent de toi. Tu es différent, tu dois faire de cette différence une force de caractère ! »

« Pourquoi suis-je différent? », demande t-il a sa mère

« C’est comme ça, on ne peut rien y faire », répond-elle franchement. Il voit que sa mère contient une grande tristesse dans ses grands yeux bleus, mais tente de la contenir. « Peu importe ce qu’ils peuvent te dire et penser de toi, sache que je serai toujours ta mère, et que je t’aime de tout mon être », ajoute t-elle, en fuyant son regard… Il comprend alors ce qu’elle éprouve réellement pour lui.

« Un jour tu verras, je serai un Grand Homme, bien plus que tous ces autres gosses, et je me vengerai de tous ceux qui m’ont fait du mal, toi y comprise. C’est de Ta faute si je suis comme ça. Tu ne m’aimes pas, tu ne m’as jamais aimé à cause de Mon handicap qui Te ronge la vie ! Je te déteste, je vous déteste tous !!! ». Sa mère quitte la chambre d’hôpital, en pleurs. Elle mourra le soir même, décapitée dans des circonstances douteuses…

***

L’enfance passe… Hubert est maintenant adolescent, il n’a pris que quelques centimètres mais compense son handicap en étudiant l’art de la guerre. Il est admis à l’école militaire suite aux lois votées concernant le quota obligatoire de handicapés dans l’armée. Il est toujours seul, l’adolescence lui paraît encore plus difficile que l’enfance dans son rapport avec les autres.

Dans la cour de récréation de la caserne militaire, une fille, entourée de ses copines, le regarde, et lui sourit. Il détourne aussitôt le regard, et rougit. Le lendemain, cette même fille le regarde de nouveau. Nouveau sourire. Il ne comprend pas, personne ne lui avait encore sourit depuis sa naissance. Il décide de ne pas faire attention à cette fille, mais il aperçoit qu’elle est en train de marcher vers lui d’un pas décidé. Ses copines parlent en messes basses et rient en regardant la scène…

« Tu es Hubert c’est ça? », demande la fille. Elle est tout ce dont il a toujours rêvé. Grande, blonde, aux yeux d’un bleu étincelant. « Oui c’est ça », répond-il timidement et en rougissant.

« Tu sais, Hubert, le bal de promotion c’est la semaine prochaine, et je me demandais si… Enfin… Si tu avais l’intention d’y aller avec une fille en particulier… ». La fille fait la moue, et lui sourit tendrement. Hubert est aux anges, son cœur palpite… « Pourquoi me demandes-tu ça? », répond-il apeuré.

« Parce que j’aimerais que tu m’y emmènes, idiot ! », elle répond en souriant, ses joues rougissent également.

« Je veux bien », dit-il timidement. « Très bien, à la semaine prochaine alors ! », répond-elle en lui faisant un clin d’œil. Elle repart en sautillant vers ses copines. Hubert entend au loin « Aloooooors? Il t’a dit oui? » « Oui, il veut bien ». Le groupe de filles disparaît…

Hubert passa la plus belle semaine de sa vie, il alla s’acheter le plus beau costume, passa chez le coiffeur, et écrit la plus belle lettre d’amour qu’un homme puisse écrire à sa bien-aimée. Il flottait, sur son petit nuage, la vie prenait enfin tout son sens…

Le soir du bal, il reçoit un SMS : « Hubert, je t’attends à l’entrée du bal. A tout’, gros bisouxxx ». Hubert, comblé de bonheur, se prépare, se parfume, et passe chez le fleuriste pour acheter un bouquet plus gros que lui, et y glisse la lettre d’amour. Son cœur bat la chamade, il est aux anges. Il arrive au bal. Personne à l’entrée. « Bizarre », se dit-il. « Elle est peut être déjà entrée dans la salle ». Il pousse la porte, plein d’espoir…

Tous les adolescents le fixent. Un silence de mort. Même la musique s’arrête. Il aperçoit la fille au milieu de la salle, et s’avance vers elle. Quand il se trouve en face d’elle, elle baisse sa tête et lui murmure quelque chose à l’oreille. Hubert laisse le bouquet tomber à terre, et une larme coule le long de sa petite joue. Tous les adolescents se mettent à rire. Il entend des « Petit nain! », « Sale nain! », « Tu croyais vraiment que tu allais sortir avec elle! » La fille s’esclaffe, accompagnée de ses copines. Quelque chose se brise en lui, il peut le sentir. C’est son cœur… Il fait demi tour, sous les rires de l’audience, et pousse la porte. Celle-ci se referme, il disparaît. La musique recommence, la fête reprend de plus belle. Le bouquet de fleurs est piétiné par les adolescents, ainsi que la lettre d’amour…

Ce soir, la salle prit feu à minuit. L’incendie emporta tous les adolescents présents à la fête. L’incendie était-il criminel? Même moi, le narrateur, ne sais pas…

***

L’adolescence est passée… Hubert est maintenant adulte. Bien qu’il y ait eu des rumeurs sur son implication dans l’incendie du bal de promo étant plus jeune, il gravit les échelons rapidement. A mesure que son pouvoir augmente, le respect que lui porte les gens augmente. Il le sait. Dorénavant, pour être respecté (et craint) de tous, il doit devenir le chef suprême de l’armée. Ce qu’il fait avec succès. Nommé par Burt Fleshman qui a évalué ses capacités tactiques hors pair, il devient, à 45 ans (et 99cm), le « Commandant Hubert Zoldate ». Il va diriger l’armée mondiale, la célèbre « armée des casques rouges » d’une main de fer, et va imposer la paix sur terre aux côtés de Burt Fleshman. Plus tard, il sera envoyé en mission sur la Lune pour maintenir l’ordre et anéantir la rébellion qui a pris place là-bas.

« Mère avait raison finalement, mon handicap m’a rendu bien plus fort… », pense t-il en contemplant sa fidèle armée. Il sourit…

 

 

Hubert Zoldate tableau
Tableau de Hubert Zoldaten, commandant suprême de l’armée des casques rouges

 

Hubert Zoldate Tablette
Hubert Zoldate réalisé à la tablette graphique, fin 2017 il y a tout juste un an

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