Chézaré

Chézaré

-« Psssst, Ché, t’es là? »

-« Où veux-tu que je sois? », réponds Chézaré un sourire aux lèvres. Des pas résonnent dans le couloir, puis s’éloignent.

-« Tu penses qu’ils vont vraiment nous exécuter? »

-« Non, ils ont besoin de nous bien plus que tu ne le crois… ». Chézaré s’allonge sur son matelas, il regarde la lune à travers la lucarne, son sourire ne l’a pas quitté.

-« Pourquoi tu dis ça? »

Le « Ché » sort un vieux cigare écrasé dans sa poche, puis l’allume et prend une bouffée, avant d’ajouter: « Je t’expliquerai plus tard… Pour l’heure, on se repose ». La fumée s’échappe par la lucarne. Dans la cellule d’à côté, Miguel Gaspacho, son fidèle compagnon, fait les cents pas. Il pourrait facilement briser ses chaînes, tordre les barreaux de sa cellule et le cou du maton qui fait sa ronde. Puis s’enfuir. Mais il ne le fait pas, Ché lui a interdit. Il a ses raisons…

-« J’ai envie de me battre! », réponds Miguel en mettant des coups de pieds et de poings dans le vide. « Marre de moisir ici… ».

Ché sourit de plus belle en tirant sur son cigare. La lune a des reflets verdâtres, pollués. Il est pensif…

***

Le jour se lève, le premier rayon de soleil entre timidement dans sa cellule. Ché n’a presque pas dormi. Il entend une dizaine de matons surarmés entrer dans la cellule d’à côté.

-« Tu vas nous causer des problèmes aujourd’hui, sale terroriste? ». Aucune réponse… « C’est bien Miguel, reste calme », pense Ché. Il entend Miguel se faire escorter par les matons, ainsi que quelques injures et bruits de coups. Ché se prépare, c’est bientôt son tour. Quelques minutes plus tard arrive une seconde équipe de matons, encore plus armés que la première. « C’est l’heure espèce de pourriture, tu viens avec nous! ». Viennent ensuite les coups, les injures, mais le Ché n’y prête aucune attention, c’est logique. Quelques minutes après, quand les matons ont fini de se défouler, on sort de la cellule. Dans les couloirs étroits et sombres du centre pénitencier, on entend les autres détenus s’exciter quand ils voient passer le Ché, des hourras, des applaudissements, un bordel se crée au fur et à mesure qu’il avance. « Vos gueules!!! », crient les matons, en agitant les bras, et matraquant les portes des cellules. Le Ché sourit, puis se prend aussitôt un coup de matraque sur le crâne. « Je vais t’apprendre à sourire, moi. », ajoute le maton en essuyant le sang de sa matraque sur le T-shirt déjà sale du Ché, qui ne bronche pas, et garde son calme, ce qui énerve encore plus le maton.

On quitte la prison agitée, les détenus perturbateurs se feront sûrement tabasser plus tard dans la journée.

-« Monte! », un maton pousse Ché à l’arrière d’un véhicule blindé, rempli de soldats aux casques rouges. Pas de simples soldats, Ché remarque qu’ils ont l’air plus agressifs et entraînés que d’habitude. On l’attache de toutes parts. Un soldat s’avance à quelques centimètres du Ché, haleine puante, puis lui lâche un: « Si tu tentes quoi que ce soit, terroriste, je t’explose la cervelle illico avec ça… », il tapote son arme fièrement, « …Tu m’as bien compris? ». Le Ché ne réponds pas. Coup de crosse dans le milieu du visage. « Tu m’as bien compris? », répète le soldat en pointant son arme sur la tempe du Ché. « C’est toi le boss! », réponds Chézaré de manière sarcastique, le visage ensanglanté. Le soldat lève la crosse de son arme à nouveau…

-« ÇA SUFFIT! On a pas le temps pour ça! », le soldat obéit à son commandant. Il retourne s’asseoir sur son siège, sans quitter le Ché des yeux, et en gardant la main sur son arme, comme pour le défier. Mais le Ché pense déjà à autre chose.

Les deux véhicules blindés font route vers la ville, à leur bord les deux terroristes les plus dangereux de la planète…

Une trentaine de minutes plus tard, les véhicules s’arrêtent.

Le commandant s’avance vers le Ché: « On est arrivé, Monsieur Burt Fleshman vous attend… »

Chézaré

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *